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C'est sur les cendres de mon ancien blog intitulé Blogbuster, qui est devenu pendant un temps le journal de bord du tournage de mon long-métrage Tension(s), que j'ai décidé de ré-activer un blog simple et pas prise de tête. J'y parlerai surtout de cinéma de divertissement à travers des articles aux sujets variés et avec une approche originale, bon-enfant et surtout totalement décomplexée.

Bonne lecture !

vendredi 23 septembre 2016

Bienvenido a la República de Val Verde !

#MinorSpoilersInside

L’Homme qui valait 3 milliards, Super Jaimie, K2000, Supercarrier, Les contes de la crypte, Cadillacs & Dinosaures, Aventures & associés, 48 Heures, Commando, Running Man, Die Hard, Die Hard 2, Hudson Hawk, Street Fighter, Le Flic de Beverly Hills 3 (on ne le remerciera pas pour ces deux-là), Judge Dredd, Piège à Hong Kong, Tomb Raider 2… Voilà, entre autres, les séries et les films écrits ou co-écrits par Steven E. de Souza.

Si vous avez lu Tintin en étant plus jeune, vous vous souvenez peut-être de la Syldavie et de la Bordurie, ces pays imaginaires d’Europe de l’Est inventés par Hergé. Si vous avez vu Avengers : Age Of Ultron, vous avez peut-être remarqué qu’une partie de l’action se déroule aussi dans un pays imaginaire : la Sokovie. Ces pays imaginaires (d’où sont très souvent originaires les « méchants ») ont majoritairement pour but d’éviter de vexer la sensibilité de certains pays, voire d’empêcher des incidents diplomatiques.

Scénariste ultra-prolifique dans les années 80 et 90, de Souza est à l’origine de l’invention d’un pays imaginaire d’Amérique Latine qui sera utilisé dans plusieurs films et séries : le Val Verde.

Drapeaux du Val Verde tel qu'on le voit dans certains films

Et Steven, c’est pas la moitié d’un con, alors il a travaillé son bordel à fond : le Val Verde a son histoire, sa politique, etc… On peut en parler comme d’un "vrai pays", chronologiquement ! Du coup, on va retourner au collège pour un petit cours d’histoire...

Durant les années 80, le Val Verde est gouverné par le président Arius (le futur méchant de Commando), mais les Etats-Unis veulent mettre en place des accords politiques avec le Val Verde. Afin d’organiser une révolution pour faire tomber Arius et le remplacer par le président Velazquez, les USA décident d'envoyer un commando d’élite des Delta Force dirigé par un certain Colonel John Matrix. Le commando réussi sa mission et renverse Arius. De retour au pays, le commando est démantelé et ses membres sont mis secrètement à la retraite par le général Franklin Kirby.


En 1985, dans Commando (écrit par de Souza et produit par Joel Silver), Bennett, un ancien membre du commando dirigé par Matrix qui est devenu mercenaire, est engagé par le Général Arius qui désire faire un putsch au Val Verde. Leur plan est de kidnapper la fille de Matrix pour l’obliger à les aider à reprendre le pouvoir au président Velazquez par la force. La suite, vous la connaissez : aidé par une hôtesse de l’air, Matrix sème ses ennemis, bute Sully mais pas en dernier, prends un bon petit déjeuner à base de Béret Vert, pique 4 tonnes d'armes dans un surplus militaire et s’envole pour le Val Verde. Sur place, il massacre à lui tout seul Arius et ses 350 000 hommes (au bas mot) et permet à son ancien ami Bennett de "cracher sa vapeur, pourriture".

Le Val Verde est provisoirement sauvé, mais comme il s'agît d'une allégorie de Cuba, faut se douter que nos amis les Ricains de la CIA Américaine des Etats-Unis d'Amérique du Nord Américaine risque d'avoir des problèmes avec des méchants communistes Russes dans très peu de temps...


John Matrix fout le bordel au Val Verde


En 1987, dans Predator (écrit par Shane Black, aucune participation de Steven E. de Souza mais produit par Joel Silver qui a voulu utiliser à nouveau le Val Verde comme clin d’œil à Commando), le Val Verde est de nouveau secoué par une révolution. Des méchants Russes communistes aident des rebelles Guérilleros à renverser, une fois encore, le pouvoir en place. Dillon, un agent de la CIA qui ressemble vachement à Apollo Creed, envoie une équipe de la CIA pour débusquer les Guérilleros, mais ils sont capturés par ceux-ci. Dillon envoie donc une unité des forces spéciales dirigé par Jim Hopper au Val Verde, mais le commando disparaît dans des circonstances inexplicables.

Dillon invente donc une histoire d’otages bidons (un ministre du cabinet présidentiel aurait été capturé) pour justifier une seconde opération de sauvetage et envoie un second commando dirigé par le major Alan ‘Dutch’ Schaefer. Le commando découvre les corps mutilés des membres de la première équipe. Finalement, les soldats trouvent le campement des rebelles et font tout péter en délivrant une otage : Anna. Mais ils sont attaqués et tués, un par un, par un extra-terrestre prédateur qui a choisi la jungle du Val Verde comme terrain de chasse. Les seuls survivants seront Dutch et Anna.

Pour les mecs très pointilleux sur les détails, on notera que dans le reboot Predators, Isabelle (jouée par la très jolie Alice Braga) explique à Royce (joué par le très moche Adrien Brody) qu'elle a entendu parler des Predators dans un rapport sur des évènements curieux ayant eu lieux en 1987 au Guatemala et non au Val Verde... Isabelle est certes jolie, mais elle ne sait pas lire un rapport de la CIA, bref...

Alan ‘Dutch’ Schaefer fout le bordel au Val Verde

En 1988, dans l’épisode 5 de la série Supercarrier, une guerre civile est sur le point d'éclater au Val Verde (un pays décidément bien instable). L’équipage du porte-avion USS Georgetown (le Supercarrier du titre) étouffe à nouveau la guerre civile. Cela renforce l’entente entre les USA et le Val Verde. Des accords d’extradition sont signés. Ainsi, en 1990, l’ancien général Ramon Esperanza qui s'est plus ou moins recyclé dans la culture de plante et la chimie (il n'est pas question de farine, si vous voyez ce que je veux dire) est arrêté et extradé vers les USA afin d’y être jugé.

Franchement, ça tient la route, putain !


En 1990, dans Die Hard 2, l’aéroport de Washington est pris d’assaut par des terroristes. Ça tombe plutôt mal car c’est le soir de Noël. Mais c’est surtout le soir où Ramon Esperanza doit atterrir sur le sol Américain pour répondre de ses crimes devant un tribunal Américain. Les terroristes (encore des anciens soldats devenus mercenaires, une sale habitude dans le cinéma d'action US des années 80/90) veulent libérer Esperanza et s’enfuir en avion vers un pays sans droits d’extradition. 

Manque de pot pour le général Esperanza, le colonel Stewart, le Major Grant et leurs potes : John McClane traine dans le coin et après les avoir bien fait chier pendant 2 heures, le fils d'immigré Irlandais devenu ce flic dur à cuire (die hard) les envoie tous bouffer les pissenlits par la racine. Yippee ki-yay, motherfucker !

Ramon Esperanza veut retourner foutre le bordel au Val Verde

Il sera encore rapidement question du Val Verde dans l’épisode 10 de la saison 1 de la série Adventure Inc. mais aussi dans les planches d’un comic book Sheena paru en 2015 et dans un jeu vidéo, Broforce, lui aussi sorti en 2015.

Je trouve vraiment sympa que Steven E. de Souza ait carrément réfléchis à une sorte d’univers étendu qui relie ces films entre eux.

Dans le même ordre d’idée, j’évoque rapidement le travail de Jackson De Govia, chef décorateur de (entre autres) Die Hard, Die Hard with a Vengeance et Speed. Dans Die hard, les terroristes utilisent un camion siglé "Pacific Courrier" pour s’introduire dans le Nakatomi Plaza. Dans Die Hard With A Vengeance, un camion siglé "Atlantic Courrier" est soufflé par la première explosion du film. Dans Speed, à la fin, le bus explose en percutant un avion siglé "Pacific Courrier".

Ben oui, ça tombe sous le sens : Los Angeles (Die Hard, Speed) c’est la côte pacifique et New York (Die Hard With A Vengeance) c’est la côte Atlantique ! Et bien, cette société de transport n'existe pas, elle a été inventé par De Govia !

Pacific Courrier dans Die Hard 1

Atlantic Courrier dans Die Hard With A Vengeance

Pacific Courrier dans Speed

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Mais ne vous inquiétez pas, je reviens très vite avec un autre article en cours de rédaction et si vous aimez me lire, vous aimerez aussi peut-être m’écouter prochainement car je vais bientôt participer en tant qu’intervenant invité à un super podcast sur le cinéma. Je ne manquerai pas de vous en parler en temps utiles !

mardi 5 avril 2016

The Beverly Hills Fair Game Of Cobra Cop

#SpoilersInside

Warriors, Les guerriers de la nuit, 48 heures, Les Rues de feu, Commando, L’Arme fatale, Predator, Die Hard, Road House, L’Arme fatale 2, Die Hard 2, The Adventures of Ford Fairlane (faudrait que je parle ici…), Predator 2, Hudson Hawk, Le Dernier samaritain, L’Arme fatale 3, Demolition Man, Assassins… Voilà une partie des films produits par Joel Silver entre 1979 et 1995.

Après 1995, il produira (entre autres) : Ultime décision, L’Arme fatale 4, la trilogie Matrix, Kiss Kiss Bang Bang, V pour vendetta, Sherlock Holmes, Sherlock Holmes: A Game of Shadows… J’ai envie de dire « Merci Monsieur » !


Et donc, en 1995, il produit Fair Game, le premier film de Andrew Sipes. Mais putain, c’est qui Andrew Sipes ? Ben c’est le réalisateur de Fair Game. Voilà… Et c’est la seule et unique chose que l’on sait sur lui. Le gars n’avait rien réalisé avant, tout juste avait-il écrit quelques scripts d’épisodes de séries TV (Equalizer et Street Justice, notamment) et après Fair Game, Sipes a totalement disparu pour ne plus jamais réapparaître…

Qu’est-il devenu ? personne n’en sait rien… Silver l’a peut-être fait buter qui sait ? Le gros bide du film au box-office (11 millions $ de recettes pour 50 de budget) et les rumeurs sur son comportement égocentrique et irrespectueux pendant le tournage (même avec ses deux stars) y sont probablement pour quelque chose…


Fair Game (1995 - 4.1/10 sur IMDb) de Andrew Sipes donc, est un film d’action sorti en 1995 (année de sortie de Bad Boys de Michael Bay, d’ailleurs les films ont quelques points communs). Mais l’info moins connue, c’est qu’en fait, Fair Game est un reboot !!! Et oui, c’est une adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui a déjà été adaptée.

#Flashback

On est en 1983, la pré production de Beverly Hills Cop bat son plein. À l’époque, l’acteur envisagé pour le rôle principal est Mickey Rourke (et oui !) qui vient de signer un contrat de 400 000 $ avec la Paramount. Mais l’acteur demande des modifications dans le script qui font prendre du retard au planning. Finalement, insatisfait du résultat, Rourke quitte la production à la fin de sa durée d’engagement initiale. Comment gagner 400 000 balles sans bosser, bien ouais’ Mickey !


Sylvester Stallone signe alors pour reprendre le rôle non sans négocier de pouvoir participer à une nouvelle écriture. Il désire orienter le film vers un côté moins comédie et plus action, mais les producteurs Jerry Bruckheimer et Don Simpson refusent ses idées jugées trop couteuses. Deux semaines avant le début du tournage, Stallone est viré par Bruckheimer/Simpson et remplacé par Eddie Murphy. Sly déclarera dans une interview, de longues années après, que si son script avait été validé, le final de Beverly Hills Cop aurait ressemblé à la scène d’ouverture de Saving Private Ryan (!). Deux ans après la sortie du film, Stallone utilisera certaines des idées rejetées pour Beverly Hills Cop dans un autre projet, l’adaptation de la nouvelle A Running Duck écrite par Paula Gosling en 1979, qui n’est autre que Cobra de George P. Cosmatos. Fair Game est donc un reboot (voire un remake non-officiel) de Cobra.

#FinDuFlashback

Bon, alors c’est vrai que ça raconte un peu la même chose : un flic doit protéger un témoin qui se trouve être jolie jeune femme. Mais les films sont quand même assez éloignés.

Kate McQuean (Cindy Crawford) est une jeune et jolie avocate de Miami qui aime se prendre des balles perdues en faisant son footing. En voulant faire saisir un bateau pour un de ses clients, elle se retrouve poursuivie par la mafia russe qui utilise ce bateau afin de voler/détourner une grosse somme d’argent. L'inspecteur Max Kirkpatrick (William Baldwin) est chargé de sa protection après deux tentatives d’assasinat ratées. Il va devoir protéger la ravissante avocate et déjouer les nombreux pièges tendus par leurs poursuivants.

Fair Game n’est pas un film très aimé… 13 % sur Rotten Tomato, 4.1/10 sur IMDb, 11 millions $ de recettes pour un budget de 50, des critiques assassines, des avis publics encore pires, un réalisateur qui ne refera jamais de films et une Cindy Crawford dont ce sera le seul et unique rôle principal de toute sa courte carrière d’actrice. Elle sera d’ailleurs nommée 3 fois aux Razzie Awards en 95 (Worst Actress (Crawford), Worst New Star (Crawford) and Worst Screen Couple (Crawford and Baldwin), mais c’est Showgirls qui raflera tout…

Et pourtant, si c’était quand même pas si mal que ça… Si c’était finalement pas trop trop mal shooté, assez bien rythmé et que ça proposait quand même son lot de bonnes scènes… Et bien pour moi, la réponse est (je vous le donne en mille) : oui ! Ha ha, moi, j’aime bien Fair Game.

Baldwin assure le job, il n’a jamais été un grand acteur, mais il fait son boulot. Crawford, franchement, c’est la loose totale, ha ha, elle ne refera presque pas de ciné après, la pauvre. Salma Hayek (qui venait de finir le tournage de Desperado) joue l’ex-petite amie de Kirkpatrick (elle explosera l’année suivante avec le rôle de Satanico Pandaemonium dans Une Nuit En Enfer). Enfin, on notera la présence de Steven Berkoff (vous savez ce type qui joue des méchants Russes dans TOUS LES PUTAINS DE FILMS AMERICAINS AVEC DES MECHANTS RUSSES), dans le rôle… d’un méchant Russe, faut suivre un peu.


Ce qui me plaît bien dans ce film, c’est son rythme assez trépidant. Passé le quart d’heure d’exposition, le rythme accélère et ne faiblira quasiment pas. Les Russes font sauter la maison de Cindy, mais elle est projetée dans le canal qui entoure la marina. Un tueur essaye de lui tirer dessus et Baldwin, pour protéger Cindy, plonge dans l’eau, en tirant avec son Beretta 92F argenté, au ralenti. On est en 1995, Hard Target est sorti depuis 2 ans, Hard Boiled a buzzé dans le monde entier chez les aficionados d’actioner, bref, merci John Woo.


Je me permet de mettre en évidence deux séquences que j’aime bien dans le film : la fusillade dans l’hôtel et la poursuite en dépanneuse. Dans la première scène, Baldwin et Cindy sont caché dans un hotel, mais les Russes les repèrent et profitent d’une livraison de pizza pour faire entrer leurs tueurs dans l’hotel et décimer l’équipe de flics alors que leur boos les aide avec un appareil à vision thermique. Je trouve cette scène très sympa car le décor est utilisé de fond en comble, c’est généreux, c’est rated R, il y a du suspense, franchement sympa. La scène de poursuite en voiture avec la dépanneuse jouis des mêmes qualités, on se croirait presque dans un épisode de la saga L’Arme Fatale.


Le final est un peu plus oubliable (mais il y a un joli combat entre Baldwin et la bad girl Russe méga-vénère avant le climax sur le bateau qui vaut le coup d’oeil, rapidement). Quand au final totalement gonzo où Baldwin et Cindy s’échappent du bateau en train d’exploser, au ralenti, c’est du gros nawak, c’est cadré et monté n’importe comment, à tel point que je pense que cette scène a peut-être été re-shootée pour ajouter du boom boom à la fin du film…


Et puis, bien sûr, pour les petits vicieux, il y a des scènes de douche à ne plus en savoir que faire (environ 217), des scènes où Cindy change de t-shirt (au moins 354 fois dans tout le film) des scènes pan-pan-cul-cul dans des trains et sur des capots de bagnoles poussiéreuses.


Fair Game, je le redis, c’est pas si mal. Je vais vous dire ce qui manque vraiment à ce film : un équivalent à la scène des frites au ketchup dans Cobra !!! Voilà. En gros, manquait plus qu’une scène où Cindy et Baldwin fument des clopes en buvant de la bière et en bouffant des burgers avec bacon et sauce cheddar après avoir baisé et ce putain de film devenait un chef d’oeuvre instantané… Dommage.

Mais franchement, en l’état, je trouve Fair Game franchement sympathique.